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  • D'un côté, le club vidéo du lycée Branly. De l'autre, au lycée Mariette, un club ciné. Entre les deux, des liens autour d'un goût commun pour le cinéma.

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Lundi 2 janvier 2012 1 02 /01 /Jan /2012 20:00

Quels films ont marqué l'année 2011 ? Polisse récompensé à Cannes ? The Tree of Life, palme d'or ? The Artist, futur oscarisé ? Intouchables qui a cassé la baraque au box-office en France  ? Tintin version Spielberg ? Hum... Faut voir ! Voici le traditionnel bilan annuel, forcément subjectif, en 10 films...

 

L'Apollonide - souvenirs de la maison close

           1. L’Appolonide-Souvenirs de la maison close de Bertrand Bonello

2. Super 8 de J.J. Abrams.

 

3. Tomboy de Céline Sciamma.

 

4. Le gamin au vélo de Jean-Pierre et Luc Dardenne.

 

5. Hors Satan de Bruno Dumont.

 

6. L’étrange affaire Angélica de Manoel de Oliveira.

 

7. Detective Dee : le mystère de la flamme fantôme de Tsui Hark.

 

8. Habemus Papam de Nanni Moretti.

 

9. La piel que habito de Pedro Almodóvar.

 

10. Essential Killing de Jerzy Skolimowski.

   
Restless

Les "repêchés" (ou si le top 10 était un top 15) : Restless de Gus Van Sant, Une séparation d'Asghar Fahradi, La guerre est déclarée de Valérie Donzelli, Somewhere de Sofia Coppola, Tintin-Le secret de la Licorne de Steven Spielberg.

 

 

Les acteurs ou actrices de l'année : ils ont été révélés ou confirmés, certain(e)s récompensé(e)s même, par l'année 2011.

    Michael Fassbender

Michael Fassbender, prix d'interprétation masculine à Venise (Shame de Steve McQueen), fut à l'affiche de trois films cette année dont A dangerous Method de David Cronenberg.

 

Elle Fanning

Elle Fanning, la révélation féminine de l'année à l'internationale et une filmo déjà prometteuse. En 2012, on la verra dans Twixt de Francis Ford Coppola.

 

Michel Piccoli

Michel Picooli, un "monstre sacré" reparti bredouille de Cannes, alors qu'il était l'auteur d'une des meilleures performances de l'année dans Habemus Papam...

 

   

Henry Hopper, révélé par Gus Van Sant dans Restless.

 

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Kirsten Dunst, récompensée à juste titre lors du festival de Cannes pour son rôle dans Melancholia de Lars Von Trier

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Dimanche 6 novembre 2011 7 06 /11 /Nov /2011 12:28

A partir du 7 novembre ...

 

 

Pour écouter l'album dans son intégralité, rendez-vous sur le site suivant : http://www.npr.org/2011/10/30/141598329/first-listen-david-lynch-crazy-clown-time

 

 

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Mardi 1 novembre 2011 2 01 /11 /Nov /2011 11:34

Alors qu'elles s'apprêtent à faire l'actualité ciné des semaines à venir, Juliette Binoche, Marion Cotillard et Isabelle Huppert restent les stars françaises dont le rayonnement international ne se dément pas. Comme en témoignent les nombreux projets, très attendus, de ces trois drôles de dames...

 

    

Juliette Binoche multiplie les projets en France (prochain film de Sylvie Testud) et à l'internationale (dont Cosmopolis de David Cronenberg). Mais surtout, on l'annonce (et donc, on l'attend avec impatience !) dans le prochain film de Bruno Dumont consacré aux années d'enfermement de Camille Claudel.

 

    Marion Cotillard

 

Marion Cotillard, de son côté, ne quitte plus les studios hollywoodiens. Résultats : le 9 novembre sort Contagion, le nouveau long de Steven Soderbergh, présenté à la Mostra de Venise cette année. Elle est aussi attendue dans le prochain Batman (Christopher Nolan) et Low Life, le nouveau film de James Gray avec Joaquin Phoenix. Après Tim Burton, Abel Ferrara, Woody Allen, Michael Mann, Rob Marshall, Ridley Scott, la plus hollywoodienne des stars françaises trace sa route...

 

 

Elle a réalisé, cette année, une  performance incroyable dans My Little Princess d'Eva Ionesco. Elle sera bientôt à l'affiche de Mon pire cauchemar d'Anne Fontaine (à priori, pas le meilleur film de l'année, sortie le 9 novembre). On l'attend surtout dans trois films de réalisateurs, estampillés "Cannes", catégorie film d'auteur international de prestige : aux côtés de Jean-Louis Trintignant et d'Emmanuelle Riva (le casting qui tue !), Isabelle Huppert est dans le prochain film de Michael Haneke (pour une troisième collaboration après La Pianiste et Le temps du Loup). Elle est très attendue dans Captured, le nouveau film du philippin Brillante Mendoza. Elle est aussi annoncée au casting du prochain film du coréen Hong Sang-Soo. On peut déjà parier, sans prendre trop de risques, qu'Isabelle Huppert sera à nouveau présente à Cannes en 2012...

 

L'outsider...

   Léa Seydoux

C'est elle, c'est Léa. Après l'avoir vu chez Woody Allen, elle poursuit le grand écart entre les deux rives de l'Atlantique. On l'attend forcément dans le quatrième volet de Mission Impossible et chez Benoit Jacquot qui proposera en 2012 sa Marie-Antoinette (ce n'est pas elle mais Diane Kruger.)

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Samedi 29 octobre 2011 6 29 /10 /Oct /2011 13:37

Festival l'Autre Cinéma

 

C'est un des principaux rendez-vous ciné de notre région. Le 4 novembre, commence la 12ème édition du festival international du film d'Arras.

Pour en savoir plus  : http://www.plan-sequence.asso.fr/festival.php

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Jeudi 27 octobre 2011 4 27 /10 /Oct /2011 15:04

 

         « L’histoire imaginée par Henri-Pierre Roché raconte simplement les tribulations de deux amis qui aiment la même femme durant plus de vingt ans. La façon dont ils accommodent la situation, c’est tout le sujet. Je crois que le film est (…) très tendre et d’une grande tristesse ». Ainsi, s’exprimait François Truffaut au début de l’année 1962 lors d’un entretien avec Michel Mardore, publié dans Les Lettres françaises au moment de la sortie française de Jules & Jim. (1)

 

Jules & Jim est le troisième long métrage de François Truffaut. « Le film naît d’une suite de coups de foudre » amicaux et/ou sentimentaux, « entre un lecteur et un roman, un cinéaste et un romancier, un réalisateur et une actrice » (2). Il reçoit un bon accueil de la plupart des critiques en dépit de quelques voix discordantes. (3) Dans l’entourage de Roché (décédé pendant le tournage des 400 coups) et des « vrais » protagonistes de l’histoire, l’accueil est aussi enthousiaste notamment de la part d’Helen Hessel qui a inspiré la Kathe du roman, et donc la Catherine du film. Cependant, à cause de l’interdiction aux jeunes de moins de dix-huit ans, le nombre d’entrée en France reste limité. Truffaut aura alors à cœur de défendre le film à l’étranger où il obtient d’ailleurs quelques prix.

 

Le film, resté présent dans les mémoires par Le tourbillon de la vie, chanson écrite par Serge Rezvani et chantée par Jeanne Moreau, est marqué par un ton particulier, une alliance des contraires, par ailleurs assez caractéristique de l’ensemble du cinéma de François Truffaut. En effet, le film juxtapose une dimension tragique (souffle de la passion fatale, désespoir d’une fin inévitable) et une forme de légèreté, une euphorie de vivre l’instant présent, un hymne à la vie surtout présent dans la première partie du film et pouvant générer un sentiment de nostalgie. Les indices du tragique sont très présents dans le film. Ainsi, dès le prologue, la voix de Jeanne Moreau/Catherine dit : « Tu m’as dit je t’aime ; je t’ai dit Attends ; j’allais dire prends-moi ; tu m’as dit va t’en ». L’issue dramatique de l’histoire d’amour se révèle dès le début du film. On se souvient aussi de la scène du saut dans la Seine (après la pièce de théâtre), sorte de prémonition du suicide final. Enfin, lors de la première escapade en vacances, Jules expose à Jim son projet de mariage avec Catherine. Jim réponds « je crains qu’elle ne soit jamais heureuse sur cette terre ». Le portrait de le jeune femme ainsi esquissé est plus contrasté qu’il n’y paraît : Catherine est une femme libérée, solaire, émancipée mais a aussi une part d’ombre. On notera que dans la réalité, c’est-à-dire dans l’histoire de Roché et de Franz et Helen Hessel, la fin ne fut pas dramatique du tout ; dans le roman, oui.

 

La mise en scène dans Jules & Jim illustre précisément cette alliance des contraires. Dans la première partie, c’est-à-dire avant la Grande Guerre (4), le montage est très rapide, les ellipses nombreuses, les plans sont courts comme des instantanées photographiques : Truffaut recourt d’ailleurs à des arrêts sur images dans une séquence inoubliable. La succession rapide des plans est un choix délibéré de Truffaut afin de coller au style sec de Roché et illustre finalement assez bien l’esprit « Nouvelle Vague ». En revanche, dans la deuxième partie, le filmage n’est pas tout à fait le même : les plans sont plus longs ; Truffaut privilégie les travellings, les panoramiques, les ouvertures de champ qui, dans un même élan, traduisent l’ivresse du mouvement, la griserie de la vie mais aussi la nostalgie qui naît de la fugacité de ces moments de bonheur… Cette partie du film paraît en rupture avec les canons stylistiques de la Nouvelle Vague puisque Truffaut utilise pour la première fois les « trucs » des vieux films muets (contemporains des événements racontés) comme les incrustations, l’ouverture à l’iris…

 

Avec Jules & Jim, François Truffaut aborde un certain nombre de thèmes qu’il retravaillera dans ses long-métrages suivants. Le film est d’abord une réflexion sur le couple (voir la série des Doinel à partir de Baisers volés). Mis en perspective, ce thème n’est pas spécialement « truffaldien » : en effet, il est au cœur des préoccupations de certains cinéastes de la modernité en Europe : on peut penser à Rossellini dans Voyage en Italie (1953), Ingmar Bergman dans toute son œuvre ou encore Michelangelo Antonioni dans Le cri ou encore La nuit dont l’actrice principale est justement Jeanne Moreau. L’originalité de Truffaut, si originalité il y a, est ailleurs. En effet, comme le rappelle Laure Defiolles dans Le dictionnaire Truffaut, le réalisateur fait alors le constat que « le couple n’est pas un mode de vie satisfaisant et que tout autre combinaison est impossible ».

 

Par ailleurs, et peut-être même surtout, la grande affaire de Jules & Jim est la peinture de la passion amoureuse, le grand sujet de Truffaut. Il marque son cinéma jusqu’à La femme d’à côté (1981) en passant par quelques autres œuvres incandescentes que sont La peau douce, La sirène du Mississippi ou encore L’histoire d’Adèle H. Pour Truffaut, l’amour, le désir sont une fatalité. L’engagement des héros comme des héroïnes de Truffaut dans l’amour est de l’ordre de l’adoration religieuse ; on lui voue un culte et d’ailleurs dans Jules & Jim, la femme est envisagée comme une déesse ou une icône (voir la séquence de la statue). Par ailleurs, l’amour engage toute l’âme et tout le corps : il se traduit par des manifestations physiques (évanouissement, vomissement, folie, etc…). Enfin, l’amour est souvent associé à la mort au-delà de la simple opposition Eros/Thanatos. Chez Truffaut, on a l’impression que dans ses films les plus inquiets et inquiétants, l’amour ne peut s’accomplir que dans la mort. Ainsi, dans Jules & Jim, lors de la scène des retrouvailles entre Catherine et Jim, le narrateur ne précise-t-il pas qu'« ils se prirent sans savoir pourquoi. C’était un enterrement ou comme s’ils étaient déjà morts ». C’est comme si l’amour ne s’accomplissait pleinement que dans la mort, libératrice et apaisante.

 

On a vu que l’amour à deux n’est guère satisfaisant. On garde en mémoire la conclusion terrible de Madame Jouve, la narratrice de La femme d’à côté : « Ni avec toi ni sans toi », expression employée pour résumer l’histoire d’amour tragique qu’ont vécue Mathilde et Bernard. D’où l’idée du trio qui parcourt l’ensemble de l’œuvre : dans Jules & Jim où Catherine s’entend dire qu’elle a voulu inventer une nouvelle forme d’amour, trio que l’on retrouve dans Les deux anglaises et le continent, Le dernier métro, ou encore La peau douce… Or, la solution du trio n’est guère plus satisfaisante non plus. Le trio amoureux chez Truffaut est une version plus sombre d’un classique de la comédie américaine, de nombreuses fois recyclé : on pense à Cukor dans The Philadelphia Story (Indiscrétions) mais surtout à Lubitsch, vénéré par Truffaut, dans Design for living (Sérénade à trois). La scénographie du trio dans Jules & Jim est très intéressante à analyser : elle révèle la place centrale de l’élément féminin, voulue par Truffaut alors que le roman de Roché est davantage attentif à l’histoire d’amitié entre Jules et Jim. La femme mène la danse et domine largement les deux hommes. Lors des scènes de marches ou de vélos, dans la scène de la course sur le pont, Jeanne Moreau/Catherine est toujours en pôle position. Dans le cas d’une disposition triangulaire, elle en est le sommet. Dans d’autres scènes, elle est toujours entre les deux hommes (au théâtre par exemple).

 

Avec Jules & Jim, Truffaut élabore sa théorie du « roman filmé ». Le film, en effet, n’est pas une adaptation littéraire au sens classique du terme. Ce que reprochait Truffaut aux réalisateurs de « la qualité française » c’était justement, en prenant le parti pris d’une transposition que l’on croyait la plus fidèle possible, d’étouffer le texte par une mise en scène un peu trop théâtrale et donc, selon Truffaut, de dénaturer ce texte par la suppression de certains passages impossibles à transformer en dialogues. Truffaut, au moment de préparer le film et d’écrire le scénario avec l’aide de Jean Gruault, choisit pour les passages qu’il apprécie le plus, ces passages « impossibles à transformer en dialogues ou trop beaux pour se laisser amputer » de recourir à la voix-off. Dans Jules & Jim, Michel Subor, le « petit soldat » de Godard, est cette voix-off, si caractéristique de l’œuvre du réalisateur. La narration se fait au passé simple, d’un ton neutre et détaché, absolument nécessaire selon Truffaut, pour que le spectateur adopte le recul nécessaire pour appréhender l’histoire du trio et éviter la tentation du jugement moral. Truffaut trouve ici un ton nouveau car, selon ses propres mots, « Jules & Jim est plutôt un livre cinématographique qu’un film littéraire » (4).

 

NOTES :

(1) Michel Mardore est un romancier, critique de cinéma, photographe  et réalisateur français (1935-2009). Les Lettres françaises sont une publication littéraire créée en France, en 1941, pendant l'Occupation par Jacques Decour et Jean Paulhan. Après la Libération et jusqu'en 1972, Les Lettres françaises, dirigées par Louis Aragon, bénéficient du soutien financier du PCF.

(2) Laure Defiolles dans Le dictionnaire Truffaut, page 221.

(3) Pierre Marcabru dans un article paru dans Combat reproche au film son « romantisme gris et sentimental, un romantisme qui ne correspond en rien à l’esprit et au cœur d’Henri-Pierre Roché ». Et d’évoquer aussi les pièges de l’adaptation littéraire : « c’est un genre faux, et c’est pourquoi Jules & Jimne vaut pas Tirez sur le pianiste où Truffaut prenait d’autres libertés ». S’agissant de l’adaptation, on peut rappeler que Truffaut et Gruault ont beaucoup élagué, « inventé » des scènes et intégré quelques passages de l’autre roman de Roché, Deux Anglaises et le Continent (par exemple le personnage de Thérèse interprété dans Jules & Jim par Marie Dubois).

(4) Les images de la Grande Guerre devaient être aussi le prétexte de citer un cinéaste, réalisateur de films noirs à ses débuts et grand amateur d’adaptations littéraires, à savoir Stanley Kubrick. En effet, Truffaut pensait utiliser des plans de Paths of glory (1957). Truffaut avait d’ailleurs écrit en ce sens à Kubrick. Les emprunts seront impossibles pour deux raisons : la présence de Kirk Douglas dans la plupart des plans choisis par Truffaut et puis le distributeur opposé à voir des plans des Sentiers de la gloire dans un autre film avant que Les sentiers de la gloire ne sortent en France car le film de Kubrick était, à cette époque, interdit en France. Truffaut se rabat alors sur des images d’archives.

BIBLIOGRAPHIE :

1) Ouvrages :

·        Antoine de Baecque et Serge Toubiana, François Truffaut, Paris, Gallimard, 1996.

·        Sous la direction d’Antoine de Baecque et d’Arnaud Guigue, Le dictionnaire Truffaut, Editions de la Martinière, Paris, 2004.

·        Jean Douchet, La Nouvelle Vague, Paris, Hazan, 1998.

·        Annette Insdorf, François Truffaut : les films de sa vie, Paris, Gallimard, Collection « Découvertes », 1996.

·        Cyril Neyrat, François Truffaut, Paris, Cahiers du Cinéma, Collection « Grands cinéastes », 2007.

·        François Truffaut, Jules et Jim, découpage intégral du film et dialogues, Paris, Editions du Seuil, 1971.

2) Périodiques :

·        Les Inrockuptibles, Truffaut le retour, n°249, juin-juillet 2000. Dossier sous la direction de Frédéric Bonnaud.

·        Télérama, Truffaut : une passion française, article de Marine Landrot, n°2857, octobre 2004.

3) Site internet :

www.cinematheque.fr/zooms/julesetjim.

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